Dogen et la nature

« Les montagnes et les océans contiennent des mondes entiers faits d’innombrables merveilles. Nous devons comprendre que ce n’est pas seulement notre environnement lointain qui est ainsi, mais aussi ce qui est juste devant nos yeux, même une simple goutte d’eau. » 

(Keisei sanshoku, Shōbōgenzō)

Huato et le jeu des 5 animaux

 

L’une des grandes figures de l’application de la voie du Tao aux sciences médicales et au Qi Gong fut le patriarche Hua To. Celui-ci naquit en l’an 110 de notre ère, dans le comté de Hao (province de l’Anhui). Il développa l’art médical à la perfection et laissa un traité de phytothérapie et d’acupuncture.

 

On trouve sa statuette dans nombre de temples taoïstes, et l’on considère qu’il reçut la majeure partie de son enseignement médical en retrait par révélation. Quantité de ses formules font référence aux sages et immortels du passé.

 

Pour la première fois, Hua To introduit la notion de 8 paramètres dialectiques qui deviendront, sous une forme modifiée, la base de la médecine chinoise actuelle.

 

Ces 8 paramètres sont déterminés par la science de la pulsologie — ou sphygmologie, l’art de capter les signaux émis par le pouls des patients — et l’observation :

 

–   Le Vide et le Plein ;

–   Le Froid et le Chaud ;

–   La Vie et la Mort ;

–   Le Propice et le Défavorable.

 

Les 8 paramètres actuels de la médecine chinoise sont le Vide et le Plein, le Chaud et le Froid, le Yin et le Yang, l’In- terne et l’Externe.

 

Hua Tuo (v. 140-208), nom de courtoisie Yuanhua, était un médecin chinois qui a vécu pendant la fin de la dynastie des Han de l'Est. Des textes historiques, tels que les Chroniques des Trois Royaumes et le Livre des Han postérieurs, mentionnent que Hua Tuo a été la première personne en Chine à utiliser une anesthésie pendant la chirurgie.

Il utilisait un anesthésique général combinant du vin avec une formule à base de plantes appelée Mafeisan (麻沸散; littéralement "poudre de bouillie de cannabis").

 

En plus d'être respecté pour son expertise en chirurgie et en anesthésie, Hua Tuo était célèbre pour ses compétences en acupuncture, moxibustion, médecine à base de plantes et exercices médicaux de daoyin.

Il a développé le Wuqinxi (五禽戲); littéralement "Jeu des Cinq Animaux") en étudiant les mouvements du tigre, du cerf, de l'ours, du singe et de la grue. Sa découverte de l'activation de l'intelligence naturelle d'autoguérison du corps à travers la pratique du Qigong spontané des Cinq Animaux a marqué une avancée significative dans le domaine médical.

 

Selon les Chroniques des trois royaumes, un fonctionnaire militaire nommé Li Cheng souffrait de toux incessante, l'empêchant de dormir aussi bien le jour que la nuit, et il crachait du pus et du sang régulièrement. Dans sa quête de soulagement, il consulta Hua Tuo. Ce dernier diagnostiqua chez Li Cheng un anthrax intestinal, expliquant que le liquide sanguinolent craché lors de ses quintes de toux ne provenait pas de ses poumons. Hua Tuo prescrivit alors une poudre médicamenteuse de 7,5 g à Li Cheng, lui assurant qu'il expulserait environ deux tasses de pus sanguinolent avant d'arrêter de vomir. Il lui promit également une amélioration de sa santé dans un mois, avec une guérison complète dans un an.

 

De nombreuses formules et onguents portent encore aujourd'hui le nom de Hua Tuo et on lui attribue un remarquable traité apocryphe : Le Classique des Organes Internes de Maître Hua.

 

Le traité de médecine des Cinq Éléments de Hua To propose des formules médicinales comprennent des ingrédients alchimiques comme le Cinabre (espèce minérale composée de sulfure de mercure) et leurs actions thérapeutiques se réfèrent au travail des souffles. La célèbre formule de Hua To ou pilule de Hua To au Ginseng combat la fatigue, la nervosité et la perte de Jing (l’essence vitale).

 

Il est décédé à l'âge de 68 ans, malheureusement assassiné par Cao Cao, le dictateur des Trois Royaumes. En analysant son parcours, il apparaît qu'il était un thérapeute itinérant, offrant ses services dans différents endroits. Sa vie était marquée par la simplicité et la générosité.

 

Un des disciples remarquables de Hua, Wu Pu, pratiquait tous les jours les "Cinq exercices des animaux" et a vécu plus de 100 ans. Dans son livre intitulé "Le Classique des cinq animaux", Wu citait son professeur en disant que le corps humain a besoin d'exercice, mais il ne faut jamais en faire au point de s'épuiser.

le Qigong taoïste des cinq animaux et sa relation avec le chamanisme chinois ancien.

Le qigong taoïste des cinq animaux, également appelé « Wu Qin Xi », est une pratique ancestrale qui combine mouvement, respiration et concentration. Développé par le célèbre médecin chinois Hua Tuo au IIe siècle, ce système de qigong imite les mouvements de cinq animaux : le tigre, le cerf, l’ours, le singe et l’oiseau. Chaque animal représente des qualités et des énergies spécifiques qui, lorsqu’elles sont intégrées à la pratique, favorisent la santé physique et mentale.

Les cinq animaux et leurs significations

  1. Le tigre : Symbole de force et de courage, les mouvements inspirés du tigre aident à renforcer le système immunitaire et à développer la confiance en soi.
  2. Le cerf : Représentant la grâce et la légèreté, les exercices du cerf favorisent l'équilibre et la flexibilité, tout en apaisant l'esprit.
  3. L'ours : Par ses mouvements lents et puissants, l'ours incarne la stabilité et la puissance intérieure, aidant à ancrer l'énergie vitale.
  4. Le singe : Avec son agilité et sa vivacité, le singe stimule la créativité et l'intellect, tout en favorisant la joie et le jeu.
  5. L'oiseau : Évoquant la liberté et l'élévation, les mouvements de l'oiseau encouragent l'ouverture du cœur et la connexion avec le ciel.

Le chamanisme chinois ancien

Le chamanisme, quant à lui, est une pratique spirituelle profondément enracinée dans la culture chinoise. Les chamans, ou "wu", étaient des intermédiaires entre le monde des esprits et celui des humains. Ils utilisaient des rituels, des chants et des danses pour invoquer les esprits, guérir les maladies et assurer la prospérité de la communauté.

La relation entre le Qigong des cinq animaux et le chamanisme

La connexion entre le Qigong des cinq animaux et le chamanisme chinois ancien réside dans leur approche holistique de la santé et du bien-être. Les deux pratiques cherchent à harmoniser le corps, l'esprit et l'énergie vitale, ou "Qi".

Le Qigong, à travers ses mouvements inspirés des animaux, permet de canaliser et de cultiver le Qi, tout comme les rituels chamaniques visent à équilibrer les forces spirituelles et naturelles. De plus, les animaux sont souvent considérés comme des totems ou des guides spirituels dans le chamanisme, ce qui renforce l'idée que les mouvements du Qigong peuvent également servir de moyens d'accéder à des états de conscience supérieurs et de communiquer avec le monde spirituel.

Conclusion

En intégrant le Qigong des cinq animaux dans notre vie quotidienne, nous pouvons non seulement améliorer notre santé physique et mentale, mais aussi renouer avec des traditions anciennes qui honorent la connexion entre l'homme et la nature. Que ce soit par le mouvement, la méditation ou le chant, ces pratiques nous rappellent l'importance de l'harmonie entre le corps, l'esprit, et l'univers qui nous entoure. En explorant ces chemins ancestraux, nous pouvons découvrir des trésors de sagesse qui enrichissent notre existence moderne.

Dragon et la mythologie taoïste

Introduction

La présence du dragon dans la mythologie et le taoïsme de la Chine ancienne offre une perspective captivante sur cette créature emblématique. En explorant ses origines mythologiques, nous découvrons les premières représentations graphiques de cette fascinante créature et étudions en profondeur sa signification symbolique. 

Origines mythologiques du dragon chinois

Les origines mythologiques du dragon chinois remontent à plusieurs milliers d’années. Les premières représentations artistiques et culturelles du dragon en Chine remontent à la dynastie des Shang, où il était vénéré en tant qu’entité puissante et protectrice. Le dragon était associé à des éléments naturels tels que l’eau, les nuages et la pluie, symbolisant la force et la fertilité. 

Les premières représentations du dragon dans la mythologie chinoise ancienne sont présentes dans des objets et artefacts archéologiques datant de plusieurs millénaires. Ces premiers dragons étaient souvent dépeints comme des créatures serpentines, munies de griffes et de cornes, symbolisant la force et la puissance. Leur présence dans des poteries, des sculptures et des tableaux témoigne de leur importance en tant que divinités dans la culture chinoise antique, où ils étaient vénérés comme des êtres célestes capables d’apporter la pluie et la fertilité aux terres agricoles.

Signification symbolique du dragon

Le dragon occupe une place prépondérante dans la symbolique chinoise, représentant la puissance, la force et la bonne fortune. Dans la culture ancienne de la Chine, il était étroitement lié à l’empereur et à l’autorité impériale, symbolisant le pouvoir et la domination. En tant que symbole de chance et de prospérité, il apportait des bénédictions aux individus.  Le dragon était souvent représenté avec des perles ou des trésors, symboles de richesse et de prospérité. Son association avec l’eau et les nuages le connectait aux cycles naturels et à la fertilité, renforçant son rôle de protecteur et de créateur. Ainsi, le dragon incarnait non seulement la grandeur et la force, mais aussi la sagesse et la bienveillance.

Le dragon dans la cosmologie taoïste

Le dragon occupe une position de grande importance en tant que gardien des portes célestes. En tant qu’être spirituel, il est chargé de maintenir l’ordre cosmique et de faciliter la transition entre les mondes spirituel et terrestre. Selon les taoïstes antiques, les dragons ont le pouvoir de réguler l’accès entre le ciel et la terre, agissant comme des protecteurs des royaumes divins. Leur présence est considérée comme cruciale pour maintenir l’harmonie cosmique et garantir la sûreté des différentes dimensions de l’univers. Son rôle dans la cosmologie taoïste met en lumière l’importance de l’harmonie entre l’homme et l’univers, ainsi que la croyance en l’interconnexion de tous les êtres vivants.

Dans la mythologie et le taoïsme chinois, le dragon est souvent associé à la force spirituelle, renforcée par son symbolisme de l’eau et des nuages. En tant que créature céleste, il représente la perfection et la transcendance. Les dirigeants chinois ont souvent utilisé l’image du dragon pour légitimer leur pouvoir et incarner l’autorité divine. Dans les pratiques taoïstes, le dragon est vénéré comme un protecteur des énergies vitales et un guide vers l’immortalité. Sa nature mystique et sa capacité à se métamorphoser symbolisent la possibilité pour l’être humain de transcender sa condition et d’atteindre un niveau supérieur de conscience.

Les dragons dans les arts et la culture chinoise

Les dragons occupent une place de choix dans les arts et la culture chinoise, étant représentés dans diverses formes artistiques telles que la peinture, la céramique et la sculpture. En tant que symboles de chance et de prospérité, ils sont fréquemment utilisés comme motifs décoratifs dans l’art traditionnel chinois. Leur présence est également très marquée dans la littérature et la poésie chinoises, où ils sont souvent décrits comme des créatures majestueuses et puissantes. 

Ces représentations artistiques continuent d’influencer l’art contemporain chinois et sont souvent utilisées comme motifs décoratifs dans les œuvres d’art et l’artisanat.

Les dragons occupent une place importante dans la littérature et la poésie anciennes chinoises, où ils sont souvent considérés comme des symboles de puissance, de sagesse et de force. Leur représentation est souvent liée à des thèmes tels que la protection, la prospérité et la chance. En poésie, les dragons sont dépeints avec une aura mystique et majestueuse, suscitant souvent des sentiments de respect et d’admiration. Leur rôle dans les récits et les vers peut varier, allant de protecteurs bienveillants à des êtres redoutables et mystérieux. Les poètes chinois ont souvent utilisé la figure du dragon pour transmettre des messages profonds sur la nature humaine, la spiritualité et l’harmonie avec l’univers.

Les dragons chinois dans le monde contemporain

Dans la société contemporaine, l’influence des dragons chinois demeure prédominante dans la culture populaire. Leur symbolisme de puissance, de protection et de chance continue d’être célébré dans divers aspects de la vie chinoise. Les dragons sont fréquemment utilisés comme motifs décoratifs sur des objets artisanaux, des vêtements traditionnels et même des édifices modernes. De plus, les dragons chinois ont conquis les écrans de cinéma et les pages des livres grâce à des adaptations modernes de leur mythologie. Des films à succès mettent en scène des dragons majestueux et des romans fantastiques transportent les lecteurs dans des mondes imaginaires où les dragons chinois occupent une place centrale. 

Les dragons chinois ont trouvé leur place dans les films et la littérature moderne, en tant que symboles puissants de la culture chinoise. Dans les films, les dragons sont souvent représentés de manière majestueuse et impressionnante, incarnant la force et la sagesse. Le célèbre film d’animation ‘Mulan’ de Disney montre un dragon protecteur nommé Mushu, ajoutant une touche d’humour à l’histoire. Dans la littérature moderne, les dragons chinois sont souvent utilisés comme personnages fascinants, mélangeant tradition et fantastique. Des romans comme ‘Le Clan des Otori’ de Lian Hearn intègrent des dragons dans des récits complexes et captivants, offrant une nouvelle perspective sur ces créatures mythiques.

Du rôle de gardien des portes célestes à celui de symbole de puissance spirituelle, le dragon incarne des valeurs et des croyances fondamentales pour la cosmologie taoïste et la culture chinoise. Les différentes variétés de dragons, tels que le Long et le Shenlong, offrent une richesse de symbolisme et de représentations artistiques, imprégnant la littérature, la poésie et les arts chinois. 

Qigong des Griffes du Dragon

Traité de la Cour jaune

Pour résumer les points les plus importants de ce traité à l’aide d’exemples, nous pouvons mettre en évidence les points clés suivants :

  1. Accumuler les mérites et le raffinement : Le texte souligne l’importance d’accumuler des mérites et de s’affiner pour atteindre un état de perfection. Cela implique de maintenir la fermeté et la stabilité en soi-même.
  2. Symbolisme des couleurs et des matériaux : Le document mentionne l’utilisation de la soie blanche, du tissu vert et des boutons dorés comme symboles ou promesses pour les neuf cieux. Ces documents sont rapportés aux trois bureaux et ont une signification dans les pratiques spirituelles.
  3. Pratiques pour la longévité et la réalisation spirituelle : Diverses pratiques sont décrites, telles que l’écartement des cheveux, l’absence de désirs et l’absorption du qi par le biais de techniques de respiration spécifiques. Ces pratiques visent à atteindre la longévité et la clarté spirituelle.
  4. Vide et non-action : Le concept de vide et de non-action est discuté comme un état d’atteinte par l’accumulation de mérites et de raffinement. Cela conduit à un état de sérénité et de naturel.
  5. Cour jaune et perfection : La Cour jaune est mentionnée comme un lieu symbolique où l’on atteint un état de vide, de calme et de fade après avoir accumulé des mérites et terminé le raffinement. Cet état conduit à un sentiment de calme et de sérénité.
  6. Élixir et réversion : Le document aborde également l’idée de l’élixir, à la fois en termes de pratiques physiques et de transmission spirituelle. La réversion de l’élixir est mise en évidence comme un aspect important du développement spirituel.

Ces points illustrent l’accent mis sur les pratiques spirituelles, le symbolisme et le raffinement interne pour atteindre un état de perfection et de clarté spirituelle.

Il existe actuellement une excellente traduction de cet ouvrage en langue anglaise de Livia Kohn :

Three Pines Press

http://www.threepinespress.com

© 2023 by Livia Kohn

Traité de la Cour jaune

Pour résumer les points les plus importants de ce traité à l’aide d’exemples, nous pouvons mettre en évidence les points clés suivants :

  1. Accumuler les mérites et le raffinement : Le texte souligne l’importance d’accumuler des mérites et de s’affiner pour atteindre un état de perfection. Cela implique de maintenir la fermeté et la stabilité en soi-même.
  2. Symbolisme des couleurs et des matériaux : Le document mentionne l’utilisation de la soie blanche, du tissu vert et des boutons dorés comme symboles ou promesses pour les neuf cieux. Ces documents sont rapportés aux trois bureaux et ont une signification dans les pratiques spirituelles.
  3. Pratiques pour la longévité et la réalisation spirituelle : Diverses pratiques sont décrites, telles que l’écartement des cheveux, l’absence de désirs et l’absorption du qi par le biais de techniques de respiration spécifiques. Ces pratiques visent à atteindre la longévité et la clarté spirituelle.
  4. Vide et non-action : Le concept de vide et de non-action est discuté comme un état d’atteinte par l’accumulation de mérites et de raffinement. Cela conduit à un état de sérénité et de naturel.
  5. Cour jaune et perfection : La Cour jaune est mentionnée comme un lieu symbolique où l’on atteint un état de vide, de calme et de fade après avoir accumulé des mérites et terminé le raffinement. Cet état conduit à un sentiment de calme et de sérénité.
  6. Élixir et réversion : Le document aborde également l’idée de l’élixir, à la fois en termes de pratiques physiques et de transmission spirituelle. La réversion de l’élixir est mise en évidence comme un aspect important du développement spirituel.

Ces points illustrent l’accent mis sur les pratiques spirituelles, le symbolisme et le raffinement interne pour atteindre un état de perfection et de clarté spirituelle.

Il existe actuellement une excellente traduction de cet ouvrage en langue anglaise de Livia Kohn :

Three Pines Press

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© 2023 by Livia Kohn

LA FOLLE CHEVAUCHÉE DES ESPRITS RENARDS

De son ermitage sur les monts Longning, le chef des gardes Kui pouvait contempler le temple taoïste du Dragon situé prés d’un éperon rocheux.

Autant les moines bénéficiaient d’un bon Feng Shui, autant l’endroit ou Kui résidait était sinistre et malsain.

La bâtisse de pierre était humide et installée sur le versant le plus sombre de la montagne. Des roches apparentes surgissaient ça et là comme une armée de masque hideux et agressifs.

Pire, on disait l’endroit hanté depuis des siècles !

Mais Kui était rationaliste et se moquait bien de ces superstitions, il avait acheté cette maison de pierre pour un bol de riz et l’avis de quelques paysans crédules le troubler. Il dut vite déchanter car dès les premiers jours d’occupation des lieux d’étranges phénomène se produisirent.

Quand la nuit tombait, en particulier à la lune noire, une cohorte de petits êtres apparaissait dans la cour intérieure de la demeure. Des gnomes et des esprits renards prenaient possession des lieux, vers minuit et organisaient une fête fantasmagorique.

Ils couraient dans toutes les directions en hurlant. Ce tintamarre réveillait les domestiques, maître Xue lui-même ne pouvait trouver le sommeil.

Le matin le calme régnait à nouveau, mais les cernes du chef des gardes ne pouvaient cacher de souligner son désarroi.

N’y tenant plus, secrètement, Kui retourna en ville consulter un magicien.

Celui-ci pris l’affaire très au sérieux et lui conseilla d’acheter trois gros chiens Chow-chow afin d’expulser les esprits-renards car dit-il :

« Les esprits –renard sont d’étranges créatures, en fait, ce sont des âmes désincarnées qui les habitent. Ces fantômes vivent presque un millénaire en attendant leur libération. Leur frustration est grande à cause de leur état et elles jalousent les êtres humains auquel elles jouent des tours souvent cruels.

Parfois, elles prennent l’apparence de vieillard ou de jeunes filles attirantes. Quoiqu’il en soit, il vaut mieux s’en tenir à distance car elles apportent rarement le bonheur dans une habitation.

Ces démons craignent les chiens, et particulièrement les chow-chow que l’on dresse à garder les temples ! »

Maître Kui revint dans son ermitage flanqué de trois gros Chow-chow qui impressionnèrent les gens de maison. Le soir même, Kui lâcha les trois chiens dans la cour et se posta en embuscade derrière une fenêtre.

La nuit était sombre, mais une petite clarté lunaire lui permettait d’observer la scène.

Les yeux écarquillés d’effroi il assista à un spectacle singulier : les trois esprits-renards grimpés sur le dos des chiens devenus dociles, chevauchaient à bride abattue en hurlant tout le long de la cour !

Lorsque les premiers rayons de soleil annoncèrent l’aube, les trois chiens gisaient sur le sol.

Essoufflés, pitoyables et épuisés, ils n’avaient même plus la force de se restaurer ni de boire.

Kui compris une chose : il devait vendre cette bâtisse à n’importe quel prix et retourner dans un lieu doté d’un Feng Shui favorable !

Les anciennes traditions chamaniques de l’Asie Centrale, de la Chine et de la Sibérie considèrent le renard comme le seul animal capable de vivre mille ans !

On raconte que cette longévité exceptionnelle serait due à une respiration spécifique qu’ils accomplissent face à la lune.

GERARD EDDE

Ref : Légendes du Tao – Guides du Dragon

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La légende des esprits renards dans la Chine ancienne,

Avez-vous déjà entendu parler des esprits renard ? Pendant des centaines d’années, ces créatures mystiques ont été une partie importante du folklore chinois, captivant l’imagination des gens à travers le pays. De leurs pouvoirs de bon augure à leur nature espiègle, les esprits renards ont joué un rôle important dans la culture chinoise. Nous allons également examiner comment les esprits renard continuent d’influencer la Chine moderne et la culture populaire.

Origines de la légende de l’esprit renard

Les esprits renards sont une figure populaire de la mythologie et du folklore chinois. Leur histoire d’origine est enveloppée de mystère et a fait l’objet de diverses interprétations au fil des ans. La théorie la plus couramment acceptée est que les légendes de l’esprit du renard remontent à la dynastie Han (206 av. J.-C. – 220 apr. J.-C.), lorsque les gens ont commencé à associer les renards à la déité de la moisson, Huxian.

Dans la Chine ancienne, on croyait que les renards possédaient de puissantes capacités magiques et étaient considérés comme des messagers des immortels. En conséquence, ils ont souvent été dépeints dans l’art et la littérature comme ayant des pouvoirs surnaturels, y compris la capacité de changer de forme en figure humaine. Au fil du temps, les légendes entourant les esprits du renard ont évolué pour inclure des traits plus espiègles et parfois malveillants.

Malgré leur réputation ambigüe, les esprits du renard sont restés une partie intégrante de la mythologie et de la culture chinoises. Ils apparaissent souvent dans les livres, les films et les émissions de télévision modernes comme un rappel de la riche histoire culturelle du pays.

Maintenant que nous avons couvert les origines des légendes de l’esprit du renard dans la Chine ancienne, explorons certains des pouvoirs intrigants que ces créatures mystiques étaient censées posséder.,

Les pouvoirs des esprits renards

On supposait que les esprits renards de la Chine ancienne possédaient divers pouvoirs et capacités. L’un de ces pouvoirs comprenait le changement de forme, leur permettant de se transformer en figure humaine et d’interagir avec les humains. On pensait également qu’ils avaient la capacité de posséder les humains et les animaux, ce qui les rendait capables de manipuler leurs actions et leur comportement. Les esprits renards étaient également associés au pouvoir du rêve et pouvaient créer de puissantes illusions pour duper les humains.

En plus du changement de forme et du rêve, on croyait également que les esprits renard avaient le pouvoir de la séduction. Ils étaient souvent dépeints comme séduisants et charmants, utilisant leur beauté pour attirer et manipuler les humains. On croyait également que les esprits renard avaient le pouvoir de la longévité et étaient souvent associés au concept chinois d’immortalité. Malgré leurs puissantes capacités, les esprits renards étaient toujours considérés avec peur et suspicion. Leurs pouvoirs étaient souvent perçus comme une menace pour les humains, et on pensait qu’ils étaient capables de causer le mal et le malheur.

Les esprits renards dans la mythologie chinoise

Les esprits du renard ont longtemps été une figure de premier plan dans la mythologie chinoise, leur présence remontant aux temps anciens. Connues sous le nom de « huli jing » en chinois, ces créatures magiques sont souvent représentées comme des êtres rusés et intelligents ayant la capacité de se transformer en forme humaine.

Les esprits renards sont souvent associés à la lune, car on pense qu’ils ont un lien étroit avec ce corps céleste. Dans la culture chinoise, la lune est un symbole de transformation et de mystère, ce qui en fait une association appropriée pour les capacités de changement de forme des esprits renard.

Dans certains mythes chinois, les esprits renards sont considérés comme des créatures divines ayant le pouvoir d’apporter la bonne fortune et la prospérité à ceux qui leur rendent hommage. Cependant, dans d’autres légendes, les esprits renards sont considérés comme des êtres malveillants qui causent le chaos et la destruction partout où ils vont.

Les esprits de renard sont connus pour leurs capacités surnaturelles, mais ils sont également connus pour leur nature espiègle. Ces êtres sont souvent représentés en train de causer des ennuis, qu’il s’agisse de faire des farces ou de provoquer des querelles entre humains. On pense qu’ils possèdent une grande sagesse et une grande puissance spirituelle, ce qui les rend à la fois respectés et craints par ceux qui croient en leur existence.

Les esprits renards dans la Chine moderne

Dans la Chine moderne, l’attrait des esprits de renard continue de fasciner et de captiver les gens. Les esprits renard sont devenus un sujet populaire dans la littérature, les films et les émissions de télévision, avec leurs capacités surnaturelles au centre de la scène. Ils sont souvent dépeints comme des êtres séduisants et rusés, utilisant leurs charmes pour manipuler les humains à leurs propres fins. Cette représentation est devenue un élément de base de la culture pop, les esprits du renard étant décrits comme à la fois séduisants et dangereux. Cependant, malgré leurs représentations négatives, les esprits renards sont toujours vénérés dans la culture chinoise pour leur sagesse et leur pouvoir spirituel. Dans la section suivante, nous explorerons comment les esprits du renard ont influencé la culture populaire chinoise moderne.

Dans la Chine moderne, les esprits du renard sont plus qu’une simple créature mythologique. Ils sont devenus un élément de base de la culture populaire, apparaissant dans la littérature, les films et les émissions de télévision. Ces représentations mettent souvent en valeur leurs capacités surnaturelles et leur nature séduisante, certains les dépeignent même comme utilisant leurs charmes pour manipuler les humains à leurs propres fins.

Un exemple populaire est le drame chinois, « L’été du renard », qui raconte l’histoire d’une femme qui découvre qu’elle est un esprit de renard et doit naviguer dans les conflits et les dangers qui accompagnent sa nouvelle identité. Un autre est le livre « Les Chroniques de Narnia », qui comprend un personnage nommé Jadis, la Sorcière Blanche, qui est décrit comme ayant des traits de ressemblant à un renard et des pouvoirs magiques.

En fait, il existe de nombreux temples et sanctuaires dans toute la Chine dédiés au culte des esprits du renard. Dans l’ensemble, l’attrait des esprits renards dans la Chine moderne témoigne de la puissance et de la fascination durables de cette ancienne légende. Leurs capacités surnaturelles continuent de captiver le public, tandis que leur signification spirituelle reste une partie importante de la culture chinoise. .

GERARD EDDE

Réf : Légendes du Tao – Editions Les guides du Dragon

http://www.lesguidesdudragon.fr

Les douze points-source

Dans le Ling Shu, dès le premier chapitre (intitulé « Neuf aiguilles et douze points Yuan », Yuan signifiant « source »), les douze points-sources sont mentionnés comme étant les plus important our traiter les déviations énergétiques des Méridiens (Jing Luo).

Quand les Cinq Organes sont troublés, les symptômes apparaissent à l’un des douze points Yuan/Source avec lesquels ils sont connectés. Chacun des Cinq Organes est relié avec son propre point Yuan/Source. Pour cette raison, si nous percevons pleinement les connexions entre les Organes et leurs points Yuan/Source correspondant, ainsi que les manifestations extérieures de ces derniers, il sera facile de déterminer la nature des troubles énergétiques des Cinq Organes.

Ces fonctions pathologiques et physiologiques des Méridiens (Jing-Luo) fournissent la base du diagnostic antique des Douze Méridiens. En 1951, le docteur Katani mis au point le traitement Ryudaroku utilisant les douze points-source à la fois comme méthode de contrôle et de traitement des Méridiens. Il se servit de mesures électroniques de résistance de la peau pour établir l’évaluation et la thérapie en utilisant uniquement ces douze points.

Du point de vue de la médecine classique chinoise, les points Yuan sont en relation avec le Yuan Qi. Il est encore précisé dans le Ling Shu (chapitre 1) :

Quand les Organes profonds (Zang) sont perturbés, il faut choisir les douze points Yuan.

Il est précisé que toute perturbation de la peau (enflure, rougeur, congestion des vaisseaux sanguins, varices, pâleur de la peau, couleur bleutée, rougeâtre, jaunâtre au niveau d’un point Yuan traduit une anomalie de la fonction des Organes du Méridien correspondant. Les points Yuan ont pour fonction principale la stimulation des organes vitaux. Le Qi des points- source vient de l’énergie originelle (Yuan Qi) contrôlée par les Reins. C’est pourquoi les points-source sont essentiellement utilisés pour tonifier les Organes profonds (de nature Yin) et s’avèrent efficaces dans le traitement des affections des Organes internes (Zang). La plupart des points Yuan se trouvent sur les quatre membres, près des poignets et des malléoles.

Le Nan Jing (chapitre 66) précise cette action du Qi originel via les points Yuan :

Le Yuan Qi est la force motrice située entre les Reins et apporte la vitalité, il est la source des Douze Méridiens. Le Méridien du Triple Réchauffeur contrôle la circulation des trois énergies (Zong Qi, Jing Qi et Wei Qi). Le nom de « Source » est une fonction valorisante pour le Triple Réchauffeur, car les endroits où il apparaît sont connus comme les points-source.

Ainsi, le rôle du Triple Réchauffeur comme « ambassadeur » par lequel le Qi originel part d’une zone située entre les deux Reins (Ming Men) et se dirige ensuite vers les Cinq Organes Yin et les Six Entrailles Yang, explique l’utilisation spécifique du point Yuan du Triple Réchauffeur (4 TR – Yang Chi). Ce point a la capacité de stimuler directement le Qi originel et d’accélérer sa circulation dans tous les Méridiens. Au Japon, ce point est souvent utilisé comme « starter » en début de séance de médecine énergétique.

Les taoïstes ont relié symboliquement et logiquement ces douze points à leur compréhension cosmologique des Trois Mondes : Ciel, Humanité et Terre. Le tableau suivant résume ces relations qui démontrent une grande logique dans la structure des douze méridiens .

Les douze points-source sont les suivants :

o 9 P (Tai Yuan) pour les Poumons o 7 MC (Da Ling) pour le Péricarde o 3 Rt (Tai Bai) pour la Rate

o 3 F (Tai Chong) pour le Foie

o 3 Rn (Tai Xi) pour les Reins

o 7 C (Shen Men) pour le Cœur

o 4 GI (He Gu) pour le Gros Intestin

o 4 IG (Wan Gu) pour l’Intestin Grêle

o 4 TR (Yang Chi) pour le Triple Réchauffeur o 42 E (Chong Yang) pour l’Estomac

o 40 VB (Qiu Xu ) pour la Vésicule Biliaire

o 64 V (Jing Gu) pour la Vessie

Les taoïstes pensaient que le nombre de points qu’utilisait un thérapeute n’était pas proportionnel à son efficience. Tous les points d’acupuncture sont loin d’être aussi efficaces les uns que les autres. Au contraire, certains points étaient considérés comme tellement puissants qu’ils étaient comparés aux étoiles spirituelles de la cosmogonie mystique du Tao. Ma Dan Yang fut l’un de ces médecins taoïstes mythiques qui simplifièrent l’acupuncture par leurs connaissances synthétiques. Il vécut pendant les dynasties Jin et Yuan et publia un petit traité des douze points célestes, compléments des douze points sources.

Gérard Edde

Ref

https://www.yinetor.com/styled-11/styled-6/index.html

La médecine énergétique (Editions Grancher)

http://www.dragonceleste.fr

http://www.lesguidesdudragon.fr